Published Sunday , on 5 July 2020, 13:56:00 by NONAHA

L’implication de l’Algérie dans les violations des droits de l’homme aux camps de Tindouf a été confirmée par le Groupe de Travail des Nations Unies sur la détention arbitraire (GTDA/ONU) qui a rendu publique sa décision concernant la plainte de l’activiste El Fadel Breica, contre l’Etat algérien, pour enlèvement, torture, séquestration et détention illégale pendant plus de quatre mois, sur le territoire algérien par les sbires du polisario et les services de sécurité algériens, à cause notamment de ses activités destinées à la défense des droits de l’homme des populations des camps de Tindouf.

D’après le GTDA/ONU, la détention d’El Fadel Breica après sa participation à un sit-in devant l’ambassade algérienne à Madrid pour réclamer la lumière sur le sort de son cousin de tribu El Khalil Ahmed Braih, porté disparu depuis son enlèvement en janvier 2009, à Alger par les services de renseignement algériens, "résulte de l’exercice pacifique de ses droits à la liberté d’expression et d’association".

"Il a fait l’objet d’un enlèvement, sans qu’aucun mandat d’arrêt ne lui soit présenté", a affirmé le groupe onusienau terme des délibérations de la 87ème session du GTDA/ONU, ajoutant qu’il n’a pas non plus été informé des raisons de son arrestation, qu’il n’a pas été présenté devant un juge pendant les quatre mois de sa détention et que son droit à un recours effectif a également été violé.

La responsabilité de l’Algérie, poursuit le GTDA/ONU,"est engagée tant qu’El Fadel Breica était à Tindouf, sur le territoire algérien et donc sous la compétence territoriale de l’Algérie", relevant dans ce cadre que "l’arrestation et la détention de M. Breica n’ont pas de base légale et sont arbitraires".

Par ailleurs, le groupe de travail de l’ONU a exhorté l’Algérie à faciliter une visite dans ce pays "afin d’engager un dialogue avec son gouvernement à ce sujet", appelant les autorités algériennes à "prendre les mesures qui s’imposent pour l’ouverture d’une enquête approfondie et indépendante sur les circonstances de la privation arbitraire de liberté de M. Breica et à prendre les mesures nécessaires contre les responsables de la violation de ses droits et pour la réparation des préjudices subis notamment sous la forme d’une indemnisation conformément au droit international".

Les experts de l’ONU, préoccupés par la prolifération des pratiques de détention arbitraire aux camps de Tindouf, ont également invité le gouvernement algérien à rendre compte au GTDA/ONU à propos de la mise en œuvre de ces recommandations.

La décision du GTDA/ONU a balayé d’un revers de main les manœuvres de l’Algérie visant à semer l’ambiguïté à propos de sa responsabilité dans les crimes abjectes perpétrés impunément sur son territoire, par son armée et ses suppôts du polisario, à l’encontre des sahraouis retenus aux camps de Tindouf, cet organe onusien a ouvert la voie aux centaines de victimes et de leurs ayants-droit pour réclamer des comptes à leurs bourreaux et une réparation matérielle et morale à leurs protecteurs, qui sont plongés désormais dans la tourmente de la procédure de suivi de mise en œuvre de la décision du GTDA/ONU par rapport au cas de M. Breica, puisque l’Etat algérien devra informer le groupe de travail des Nations Unies dans un délai de six mois, sur les mesures qu’il a prises, notamment pour l’ouverture d’une enquête à propos de l’arrestation et la détention arbitraire de M. Breica et son indemnisation, ainsi que la poursuite des auteurs de ces dépassements.

D’autre part, cette décision "claire" révèle le vrai visage des prétendus défenseurs des droits de l’homme qui font preuve de cécité totale par rapport aux atrocités commises à l’encontre des populations des camps de Tindouf par leurs donneurs d’ordre, dont "la générosité" a aiguisé outre mesure la sensibilité de ces entrepreneurs des droits humains pour les rendre outrancièrement réceptifs à la propagande fallacieuse des séparatistes contre le Maroc.