Published Wednesday , on 14 October 2020, 10:56:06 by NONAHA

L’Amicale Hassania des Magistrats s’est dite surprise par la posture de l’activiste des droits de l’homme, Maati Monjib, qui a refusé l’enquête préliminaire le visant et certains membres de sa famille, en annonçant dans la foulée qu’il avait entamé une grève de la faim dans l’intention d’«influencer» le cours de la justice et de «se soustraire» aux soupçons qui pèsent sur lui en se drapant dans l’”habit des droits de l’homme».

Mohamed El Khadraoui, vice-président de la commission d’indépendance de la justice au sein de l’Union internationale des juges et vice-président de l’Amicale Hassania des Magistrats a déclare dans ce cadre que “durant ces derniers temps, nous suivons avec beaucoup d’étonnement et de regret des tentatives flagrantes qui visent à influencer l’indépendance du pouvoir judiciaire par certaines personnes et organes qui prétendent appartenir aux élites culturelles et des droits de l’homme, alors même qu’elles sont sensées être à l’avant-garde de ceux qui sont militent pour la consolidation de la confiance dans le pouvoir judiciaire en soutenant ce dernier dans ses efforts manifestes pour contribuer au projet de réforme démocratique mené par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste avec audace, sagesse et perspicacité”.

Le vice-président de l’Amicale Hassania des Magistrats a affirmé que “l’Amicale rejette les tentatives visant à influencer les affaires ordinaires de droit public, tentatives à travers lesquelles leurs auteurs espèrent conférer une dimension politique à ces affaires et faire pression sur les forces de l’ordre pour qu’elles altèrent le cours normal des investigations et enquêtes”, en faisant observer que lesdites tentatives visent également à amplifier les faits en les inscrivant dans des contextes qui n’ont rien à avoir avec la réalité. Le but étant, a-t-il poursuivi, de semer la confusion dans l’opinion publique et remettre en cause l’impartialité et l’indépendance des magistrats, tout cela avec pour seul objectif de s’assurer un traitement préférentiel. “Ceci constitue une violation innommable du principe de l’égalité devant la justice”, a affirmé le vice-président de l’Amicale Hassania des Magistrats.

“Aujourd’hui, personne n’est au-dessus de la reddition des comptes et de l’état des droits. La marche vers l’instauration de l’état de droit ne peut en aucun cas être entravée dans notre pays par ses tentatives qui touchent l’esprit et la lettre des conventions internationales relatives à l’indépendance de la justice, ainsi que les dispositions de la constitution des statuts régissant le travail des magistrats”, a dit M. Mohammed El Khadraoui.

Il a considéré, en outre, que le fait de brandir la menace de la protestation ou le soutien d’autrui et l’instigation de diverses campagnes n’est en réalité qu’une tentative visant «à installer le chaos et de l’absurde, chose que nous rejetons strictement en tant que magistrats, dans le cadre de nos obligations professionnelles et de notre volonté de préserver les acquis et les réalisations que connait notre pays”. “Nous ne pouvons en aucun cas, en tant qu’amicale des magistrats, capituler face à cela et encore moins montrer une quelconque indulgence envers ses auteurs, car ces derniers cherchent à dévaloriser les grands efforts déployés par toutes les composantes de la famille de la justice dans les différents tribunaux du Royaume dans le but de consacrer la confiance et l’application équitable la justice”, a-t-il renchéri.

M. El-Khadraoui a conclu, dans sa déclaration, que «celui qui ne craint pas d’atteindre la vérité et œuvre à sa quête avec force et certitude ne tentera pas - sous de faux prétextes - d’entraver les procédures, les enquêtes et les investigations qui sont menées sous la supervision du pouvoir judiciaire dans le cadre de l’état de droit et des garanties qu’il offre.»

Le procureur du Roi près le tribunal de première instance de Rabat avait annoncé que l’enquête préliminaire menée avec Maati Monjib et des membres de sa famille a été ouverte suite à une saisine reçue par le parquet général de la part de l’Unité de traitement du renseignement financier (UTRF) qui comprend des données sur des faits susceptibles de constituer une infraction de blanchiment de capitaux.

Le parquet général a reçu une saisine de l’UTRF conformément à l’article 18 de la loi n °43.05 comprenant un inventaire de transferts de fonds importants et une liste de biens immobiliers ayant fait l’objet de déclarations de soupçon car ils ne correspondent pas aux revenus habituels déclarés par M. Monjib et les membres de sa famille, indique un communiqué du procureur général du Roi près le tribunal de première instance de Rabat.

Le militant des droits de l’homme, Maati Monjib, a rejeté toute enquête sur les sources de ses «biens» et a décidé d’entamer une grève de la faim pendant 3 jours, pour protester contre ce qu’il considérait comme étant un «harcèlement sécuritaire et judiciaire» contre lui et sa sœur et ce, dit-il, à cause de ses convictions politiques et des droits de l’homme.