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Algérie : des milliers d’expulsions illégales de migrants vers le Niger et le Mali

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“Human Rights Watch” (HRW) a, à plusieurs reprises, dénoncé les expulsions de milliers de migrants d’Algérie vers le Niger et le Mali dans des conditions inhumaines et, dans de nombreux cas, sans tenir compte de leur statut légal en Algérie ou de leurs vulnérabilités spécifiques.

L’ONG de défense des Droits humains tire souvent la sonnette d’alarme sur les expulsions illégales pratiquées par les autorités algériennes sans laisser aux migrants la possibilité de demander une protection internationale.

Si les migrants originaires d’Afrique subsaharienne sont principalement concernés, c’est aussi le cas de personnes non-africaines telles que des Syriens, des Palestiniens ou des Yéménites.

De son côté, le “Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme” (ONCHR) avait accusé, en 2018, l’Algérie « d’avoir délibérément failli à ses engagements internationaux en matière de protection des droits des migrants ».

L’organisation rappelle à l’Algérie, qu’en tant que signataires des conventions des Nations Unies et de l’Afrique sur les réfugiés et de la convention contre la torture, elle est tenue de respecter le principe de non-refoulement, qui interdit le retour forcé de toute personne vers des pays où elle pourrait être soumise à la torture ou à des menaces contre sa vie ou sa liberté.

De son côté, “Amnesty International” a souvent présenté l’Algérie comme un pays peu accueillant pour les réfugiés et les migrants et lui a conseillé de ne pas verrouiller ses frontières car cette option n’est pas une bonne solution.

À partir de témoignages de migrants sierra-léonais, guinéens, nigérians et ivoiriens, “HRW” décrit comment en Algérie les personnes migrantes se font arrêter en pleine rue, chez eux ou sur leur lieu de travail. Ces arrestations et déportations n’épargnent pas les enfants, dont certains ont dix ans à peine.

Plusieurs migrants ont également rapporté avoir été battus après leur arrestation et détenus dans des commissariats, des centres de détention et des camps.

Les personnes migrantes sont généralement envoyées en bus jusqu’à des villes du sud de l’Algérie à partir desquelles elles sont déportées et abandonnées en plein désert, à proximité de la frontière nigérienne.

C’est le cas d’un dénommé “Ahmed”, un jeune Guinéen de 15 ans qui a été arrêté en septembre dernier en Algérie alors qu’il se trouvait sans papiers dans le pays. D’abord emprisonné, il a ensuite été expulsé vers le Niger.

Avec des centaines de personnes, il a été abandonné dans le désert, à une quinzaine de kilomètres de la ville nigérienne d’Assamaka. Une pratique de plus en plus courante ces derniers mois.

« On m’a arrêté parce que je suis noir. Les policiers m’ont demandé mes papiers mais je n’en avais pas et je n’ai pas voulu leur montrer mon passeport parce qu’ils l’auraient déchiré. Ils me disaient « Rentre en Afrique » et ils m’ont emmené en prison.

J’ai passé trois jours dans la prison d’Adrar avec d’autres personnes, puis on nous a emmenés à Tamanrasset. On est restés là-bas 3 h puis on nous a mis dans des camions et on a roulé jusqu’à un lieu, à 15 kilomètres de la ville nigérienne d’Assamaka », raconte “Ahmed”.

Le jeune subsaharien poursuit son récit, indiquant que lui et environ 400 personnes (des hommes, des femmes et des enfants) ont été ont déposés dans le désert. Les militaires ont tiré deux coups de fusil en l’air pour leur faire peur. Ils leur ont laissé un peu de nourriture sur le sable et ils sont repartis tout de suite.

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